En 2009, Les régions ont consacré en moyenne 382 euros par habitant
Avec l'AFP | 11/12/2009 | Publié dans :
France
Réunis les 10 et 11 décembre 2009 à Marseille pour le congrès de l’Association des régions (ARF), à trois mois du renouvellement des assemblées régionales, ceux qui les dirigent sont unanimes à souligner le poids croissant de ces institutions dans la vie quotidienne des citoyens, bien au-delà de leurs champs de compétences obligatoires.
Un rôle qu’ils redoutent cependant de voir remis en question par la réforme territoriale - »une agression politicienne » selon eux- et surtout par la disparition de leurs ressources fiscales, remplacées par des dotations de l’Etat.
« L’Etat a abandonné des pans entiers de l’action publique, renchérit Jean-Jack Queyranne (PS, Rhône-Alpes). « Il était incapable d’entretenir les lycées, le ferroviaire. Nous l’avons fait en apportant un plus notamment dans le transport ferroviaire, avec plus de trains, plus de voyageurs ».
« En Ile-de-France, dit son président Jean-Paul Huchon (PS), la région fait chaque année pour les lycées 16 fois ce que faisait l’Etat, en y consacrant un milliard d’euros ».
« Les régions sont devenues un véritable bouclier social » face à l’accroissement des difficultés quotidiennes des citoyens, notamment dans le cadre de l’aide aux associations, un des domaines où les régions investissent largement.
Mais aussi par leur politique d’aide aux entreprises en difficulté, même si les régions se plaignent qu’aucun dispositif ou crédit d’Etat ne leur a été délégué pour l’aide aux entreprises, pourtant une de leurs compétences.
Les grandes politiques des régions et les moyens qu’elles y consacrent
En 2009, les régions françaises, hors outre-mer et collectivité territoriale Corse, ont consacré 22,8 milliards d’euros, soit 382 euros par habitant, aux grandes politiques dont elles ont la charge mais aussi à des champs d’action où elles s’impliquent de façon volontariste.
C’est pour les lycées que les régions ont le plus investi en 2009, avec près de 6 milliards d’euros (environ 100 euros par habitant), selon une étude de Finance active pour l’Association des régions de France.
Ces sommes couvrent aussi bien l’entretien, l’équipement des lycées et les aides à l’amélioration de la vie scolaire que la rémunération des agents (TOS), récemment transférée aux régions.
La formation professionnelle arrive en deuxième position avec 3,19 milliards dépensés en 2009 dans les programmes régionaux de développement de la formation
Le transport ferroviaire est le troisième grand poste budgétaire. Celui-ci concerne principalement le transport express régional (TER), une des compétences obligatoires des régions, auquel elles ont consacré 2,66 milliards d’euros cette année.
Mais les régions investissent également, de façon volontaire et en complémentarité de l’Etat et de la SNCF, dans le développement des lignes à grande vitesse et les gares TGV. Ce poste budgétaire a représenté 1,65 milliards en 2009.
Dans les compétences des régions figurent également l’apprentissage auquel les régions consacrent en moyenne 35,86 euros par habitant (2,14 milliards) et les aides aux entreprises (1,24 milliard).
Dans les politiques où s’impliquent les régions sans en avoir la compétence, la recherche-innovation et l’enseignement supérieur arrivent en bonne place avec près de 950 millions d’euros investis en 2009. Ce poste recouvre aussi bien les bourses attribuées aux étudiants, que la création de pôles d’excellence technologique ou la participation aux constructions universitaires.
Les régions interviennent également dans des domaines comme le soutien aux associations, la sécurité routière, l’aide au logement, la santé et l’action sociale ou les technologies de la communication pour près de 2,5 mds au total.
Pour René Souchon (PS, Auvergne), si « les régions n’ont pas cherché à être des contre-pouvoirs politiques, elles ont néanmoins été des remparts territoriaux, en obligeant parfois l’Etat à faire ce qu’il n’avait pas envie de faire », comme financer partiellement le plan rail dans sa région ou maintenir des lignes ferroviaires menacées comme Paris-Nîmes.
C’est ce « lien social », que beaucoup de présidents de région à l’instar de Claude Gewerc (PS, Picardie) se targuent d’avoir contribué à maintenir malgré la crise et ses conséquences, qui risque à leurs yeux de se déliter avec la réforme territoriale.
« Aujourd’hui, c’est nous qui investissons et qui assurons le service de proximité, mais qui jouera ce rôle si on supprime les compétences des conseils régionaux et nos moyens financiers ? Qui fera les grands équipements comme la LGV Sud-est ou ceux de Marseille 2013? », questionne Michel Vauzelle (PS, PACA).