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TRANSPORTS

Transports en commun entre optimisme et incertitude

Avec l'AFP | 30/11/2009 | Publié dans : France

Les transports publics ont le vent en poupe malgré la crise, mais leur succès va obliger à investir massivement sous peine de voir les réseaux craquer sous la charge, préviennent les professionnels du secteur, qui réclament un plus grand engagement de l’Etat.

Réunis fin novembre à Nice pour les Rencontres nationales du transport public, élus, exploitants et techniciens ont pu faire le point sur une profession qui emploie directement 330.000 personnes. Et aussi interpeller le gouvernement.
« Nous sommes presque surpris d’être optimistes », résume Joël Lebreton, qui préside le groupement d’intérêt économique Objectif Transport Public, organisateur de l’événement. « Comme tout le monde, nous avons senti la crise. Mais ça s’est plutôt mieux passé en France qu’ailleurs. »

Effectivement, la crise économique semblait bien loin lors de la manifestation niçoise, qui était doublée d’un salon professionnel où les innovations étaient légion. Elle a accueilli près de 5.500 personnes, un record dans sa catégorie.
« Le secteur des transports publics est en bonne forme. Jusqu’en 2008, la fréquentation progressait de 5 à 6%! On a ralenti au premier semestre, autour de 2%. Ce ralentissement est maintenant terminé, et nous sommes repartis à la hausse », note Cyrille du Peloux, président de l’Union des transports publics (UTP), qui regroupe les transporteurs. Par comparaison, on a observé cette année des baisses de 10 à 15% en Espagne ou au Royaume-Uni.

Investissement
Le rythme de progression dépendra beaucoup du prix de l’essence, estime l’UTP. Mais il faudra de toute façon en faire plus, car nombre de réseaux – dans les plus grandes villes – arrivent à saturation. Et donc investir. C’est là que le bât blesse, juge Cyrille du Peloux : « Il y a une vraie demande de transports et des incertitudes sur les modes de financement. »
S’ils saluent le récent retour de l’Etat dans le financement des infrastructures (métro, tram, itinéraires protégés pour les bus, etc.), les acteurs du secteur le trouvent bien timoré. Et regrettent d’avoir été oubliés par le plan de relance. D’autant que le Grenelle de l’environnement a fait des transports en commun une priorité nationale.

Présent à Nice, le secrétaire d’Etat aux Transports Dominique Bussereau a indiqué que le gouvernement entendait débloquer l’an prochain quelque 800 millions d’euros pour les projets des villes de province.
Mais il n’a pas annoncé de rallonge : cette participation fait partie des 2,5 milliards d’euros prévus d’ici 2020. Sur un total d’investissements estimé à 40 milliards par le sénateur-maire socialiste de Strasbourg Roland Ries, président du Groupement des autorités responsables de transport (Gart).

« Vous serez soutenus ! »
« Le fait de ne financer que les infrastructures nous paraît relever d’une idée ancienne », relève Chantal Duchêne, secrétaire générale du Gart. L’Etat devrait aider à l’achat de nouveaux véhicules, ajoute-t-elle. Car les tramways de Nantes, Rouen ou Nice ploient sous la charge… Et les agglomérations doivent aussi éponger les déficits d’exploitation.
Les élus locaux s’inquiètent aussi pour leurs budgets, potentiellement malmenés selon eux par la prochaine suppression de la taxe professionnelle.

« Vous serez soutenus ! », leur a répondu le maire de Nice et ministre de l’Industrie Christian Estrosi : « Les collectivités locales n’ont rien à craindre, je les encourage à investir largement dans les transports publics. »
Lui-même a annoncé dans sa ville un très ambitieux programme avec deux nouvelles lignes de tramways, dont une sera souterraine dans le centre. Il lui restera à le financer.

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