« L’Europe brille par son absence dans les débats sur la réforme des collectivités »
C. Garcia | 04/03/2010 mis à jour le 08/03/2010 | Publié dans :
France
Claudy Lebreton participait au sommet européen des gouvernements locaux, du 22 au 24 février 2010, à Barcelone. Le président du conseil général des Côtes-d’Armor y défendait les intérêts des départements et des intercommunalités pour le compte de la Confédération européenne des pouvoirs locaux intermédiaires (CEPLI) qu’il préside. Interview.
En plein débat sur la réforme des collectivités, que peut apporter l’Europe ?
L’Europe brille par son absence dans les débats sur la réforme des collectivités. Les collectivités sont montrées du doigt alors qu’elles sont le socle de toute politique : avec les transferts de compétences, plus aucune mesure ne peut être efficace sans leur implication. Et outre leur gestion du quotidien des citoyens, à travers leurs compétences, ce sont elles qui sont capables de fédérer les énergies qui permettent la naissance des clusters, par exemple.
A quoi ressemble l’organisation des collectivités européennes ?
On se rend compte, en observant nos voisins, que ce qui parait évident en France ne l’est pas partout : par exemple, on constate que l’organisation régionale est très récente dans de nombreux pays, où l’Etat s’appuie sur les seuls départements pour mettre en œuvre sa politique. En revanche, la France compte près de la moitié du total des communes de l’Union européenne !
L’Allemagne s’appuie sur un schéma mixte, où les villes côtoient les départements. Cette organisation vous semble-t-elle juste ?
La France est très attachée à l’unité de son territoire, et son modèle républicain impose une réponse unique aux problématiques d’aménagement du territoire. Mais je suis convaincu que l’on est capable d’une approche plus pragmatique du sujet. Et certainement que le modèle allemand, où les grandes villes côtoient les départements ruraux, présente beaucoup d’intérêt.