ActualitéINSTITUTIONS Le projet de loi sur les chambres de commerce devant un Sénat divisé
Avec l'AFP | 09/06/2010 | Publié dans : France
Le Sénat a entamé le 9 juin à son tour, après l'Assemblée nationale, le projet de loi de réforme des Chambres de Commerce et d'Industrie (CCI), un texte critiqué par la gauche mais aussi au sein de la majorité et des chambres de commerce. Fait rarissime, la commission des Finances du Sénat, présidée par le centriste Jean Arthuis et saisie pour avis, a lancé une attaque frontale, déclarant que si elle avait été saisie au fond elle aurait rejeté le texte. Ce projet de loi vise à rationaliser le fonctionnement des CCI avec une plus forte centralisation régionale. Les ressources provenant d’une taxe prélevée sur les entreprises seront notamment redistribuées par les CCI régionales aux CCI territoriales (locales) qui perdront leur autonomie financière. Et c’est là que le bât blesse pour une bonne partie des sénateurs, souvent proches des chambres de leurs départements. Ils disent craindre à nouveau pour les services de proximité, en pleine réorganisation des géographies judiciaires et militaires. Contre pouvoir aux régions ? Mais la majorité est loin d’être unanime. Plus de 30 sénateurs, dont Bernard Saugey (Isère), Jean-Paul Alduy (Pyrénées-Orientales), Jacques Blanc (Lozère) ont déposé des amendements visant notamment à redonner le pouvoir aux CCI territoriales. J’ai peur que cette réforme face reculer la proximité, a critiqué Alain Fouché (UMP, Vienne). Du côté de l’opposition, Bariza Kiari (Parti socialiste) a dénoncé l’incohérence de la réforme, se demandant si elle ne vise pas, comme objectif, d’aller vers le projet Attali, soit un réseau de 22 chambres régionales assorties de quelques succursales, destinées à devenir des administrations para-préfectorales ayant pour mission de se poser en contre-pouvoir économiques aux régions. Le texte comporte également une réorganisation des Chambres des métiers et de l’artisanat et un deuxième volet achevant la transposition en droit français de la directive européenne « services », avec une réforme des Marchés d’Intérêt national, comme Rungis, et de certaines professions (agents artistiques, experts-comptables). |