Le Conseil de Paris va réclamer solennellement plus de 300 millions d’euros à l’Etat au titre du passif de ses relations financières avec la ville, à l’occasion d’un voeu qui sera voté le 6 juillet, a annoncé l’adjoint aux finances, Bernard Gaudillère (PS).
« Le Conseil de Paris émet le voeu que l’Etat solde sans délai le passif constaté au titre de ses relations financières avec la collectivité parisienne, soit la somme de 312 millions d’euros », selon le texte du voeu distribué par Bernard Gaudillère.
Parmi les raisons de ce passif, a-t-il indiqué, figurent les transferts de compétences insuffisamment compensés par l’Etat, comme le RMI et le Stif (Syndicat des transports d’Ile-de-France) dont la « facture fin 2008 est de 147 millions d’euros ».
« Le décalage entre le discours politique des gouvernants de droite et la réalité de leur politique atteint sur ce sujet des sommets », a estimé Bernard Gaudillère, rappelant les déclarations de Jean-Pierre Raffarin au moment de l’adoption de ses lois sur la décentralisation : « le transfert de compétences de l’Etat vers les collectivités locales sera financièrement compensé à l’euro près. »
L’adjoint aux finances accuse également l’Etat d’appliquer des « règles de calcul injustifiées, voire dépourvues de bases légales », d’avoir décidé unilatéralement de diminuer des recettes de la ville, de refuser d’honorer certains engagements pris, et d’afficher « parfois un mépris absolu » pour les droits patrimoniaux de la municipalité.