ActualitéGENS DU VOYAGE ET ROMS Réunion du 28 juillet : faciliter la réalisation des aires d’accueil
O. Berthelin | 30/07/2010 mis à jour le 09/08/2010 | Publié dans : France
A l'issue de la réunion interministérielle du 28 juillet 2010, le président de la République a annoncé deux trains de mesures consacrés respectivement aux gens du voyage français et Roms ressortissants d’autres Etats. Elus et agents de collectivités se focalisent sur les points concernant l’achèvement du dispositif des aires d’accueil. « Le président de la République a demandé au gouvernement de veiller, en liaison avec les collectivités territoriales, à l’application effective de la législation en matière d’aires d’accueil, quitte à simplifier, s’il le faut, les textes en vigueur. » La guerre du voyage ne devrait pas avoir lieuLes intéressés affichent paradoxalement un certain soulagement en étudiant le volet « gens du voyage » de la réunion du 28 juillet. « Avec toutes les annonces qui se sont succédées, nous avions très peur que notre mode de vie lui-même ne soit remis en cause. Dans les faits, rien n’est changé », remarque Désiré Vermeersch, président d’Action grands passages, association du mouvement Vie et lumière, principale organisation tsigane par le nombre de ses membres. Néanmoins, tandis que les associations tsiganes affichent un relatif soulagement et comptabilisent les communiqués de soutien qui, au-delà des associations religieuses et de défense des droits de l’homme, traditionnellement à leurs côtés, affluent de mouvements aussi divers que l’UEJF ou le DAL, les polémiques ne s’atténuent pas. « Les annonces faites à l’égard des Roumains qui vivent dans des conditions déplorables nous inquiètent particulièrement », remarque Milo Delage, membre de la délégation française au forum européen des Roms, instance partenaire du Conseil de l’Europe. Les Roms roumains, principales ciblesEn tant que parlementaire suivant ces dossiers sur le long terme, Pierre Hérisson constate que les mesures annoncées le 28 juillet « reprennent la politique mise en œuvre par le président de la République alors qu’il était ministre de l’Intérieur ». Préparés depuis 2007, les accords de renforcement de la coopération policière et judiciaire entre la France et la Roumanie, après avoir été ratifiés par le Sénat au printemps, doivent être soumis aux députés à l’automne. Le 26 juillet, le gouvernement français avait adressé une note au conseil des affaires générales de l’UE afin d’obtenir l’appui financier des programmes européens pour les coopérations bilatérales. Concernant la lutte contre la criminalité, le porte-parole de Viviane Reding, commissaire en charge de la Justice et des droits fondamentaux a rappelé, le 29 juillet, les principes régissant les expulsions. Deux trains de mesuresAnnoncée le 21 juillet, en réaction à une manifestation accompagnée de dégradations à Saint-Aignan (Loir-et-Cher), la réunion interministérielle du 28 juillet a débouché sur deux trains de mesures. Le sénateur Pierre Hérisson salue la volonté du président de la République « de tout mettre en œuvre pour éviter le risque d’un amalgame injuste entre délinquants et gens du voyage ». Il observe notamment « que la création d’une brigade d’inspecteurs du fisc spécialisée dans les signes extérieurs de richesse ne concerne pas que les gens du voyage, tout comme l’office de répression de la délinquance itinérante qui travaille depuis longtemps sur des affaires liées à la mobilité ». Evacuation des campements illicitesLe président de la commission nationale consultative, chargé du dossier au sein de l’Association des maires de France (AMF), souligne l’intérêt porté à la question des stationnements. «Aucune modification législative n’est à l’ordre du jour, mais l’investissement des services de l’Etat est nécessaire pour améliorer l’organisation des grands passages », avance Pierre Hérisson. En Charente-Maritime, Claire Berthommé, agent du conseil général chargée du pilotage du schéma départemental d’accueil des gens du voyage et de la médiation des grands passages, compte une vingtaine de procédures d’expulsion. « Elles aboutissent en général au départ des voyageurs, sauf dans des cas très particuliers. Les conflits se concentrent dans les territoires qui n’ont pas encore réalisé les aires d’accueil », insiste la cadre territoriale. En Franche-Comté, au cours du mois de juillet 2010, un groupe est entré en conflit avec les communautés d’agglomération de Besançon et de Vesoul. Le manque de terrains est pointé du doigt par les collectivités. Dans le département voisin de la Haute-Saône, la communauté de communes de l’agglomération de Vesoul en appelle à des interventions plus fermes et systématiques de l’Etat en cas de conflit. « Sur une demi-douzaine de groupes accueilli depuis le mois d’avril, un seul a refusé de s’installer sur notre aire de grand passage conforme aux normes. Alors que nous avions besoin de lui, le préfet n’est pas intervenu », raconte Catherine Massenet, DGS de l’intercommunalité, qui gère deux aires d’accueil et un terrain de grand passage et qui constate que le dernier conflit remonte à deux ans. Abécédaire pour tout savoir sur les gens du voyage et les collectivités [Dossiers d'actualité] |