Grand Paris : Nicolas Sarkozy annonce une loi sur les transports en octobre et ne se prononce pas sur la gouvernance
Lors de l’inauguration le 29 avril au Palais de Chaillot de l’exposition sur les travaux des architectes ayant planché sur l’aménagement de la région-capitale, Nicolas Sarkozy a annoncé qu’un projet de loi serait déposé en octobre s’agissant des 35 milliards d’euros d’investissements prévus pour les transports du Grand Paris.
« Nos successeurs réfléchiront à la meilleure gouvernance (…). Ce sera une autre époque, une autre génération, un autre temps », a-t-il en revanche indiqué. Des états généraux pourraient toutefois être organisés l’an prochain.
« Si l’on veut que les travaux démarrent avant 2012, il faut qu’avant la fin de l’année, une loi fixe les modalités de la maîtrise d’ouvrage, les outils juridiques et les moyens de financement », a-t-il déclaré.
Le chef de l’Etat a confirmé la création d’ »un nouveau système de transport automatique rapide à grande capacité de 130 km qui permettra de relier les grandes polarités urbaines de demain ». Ce « grand huit », encore à l’état de « schéma de principe », desservira une dizaine de « territoires de projet » (Saclay, Massy, Orly, Roissy, Descartes-Noisy, Le Bourget, Saint-Denis-Pleyel, La Défense, Versailles, Villejuif, Clichy-Montfermeil).
Pour le financement des transports, il a confié à un élu francilien, Gilles Carrez (UMP), maire du Perreux-sur-Marne (Val-de-Marne) et également rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, « la mission de (lui) faire des propositions ».
S’adressant au président PS du conseil régional d’Ile-de-France Jean-Paul Huchon, il a affirmé que « ce qui a été décidé sera mis en oeuvre (
) Les engagements de l’Etat seront tous tenus, les cofinancements de l’Etat prévus dans le contrat de projet et pour la modernisation du RER ne seront pas mis en cause ».
Nicolas Sarkozy a ajouté qu’ »on ne fera pas l’économie d’une réflexion sur le principe d’une tarification unique pour que le coût du transport soit le même pour tous les citoyens du Grand Paris où qu’ils habitent ».
Changement du droit de l’urbanisme
Concernant les questions d’urbanisme, le chef de l’Etat a estimé qu’il fallait « déréglementer, élever les coefficients d’occupation des sols et rétablir la continuité du bâti dans les zones denses, permettre à chaque propriétaire d’une maison individuelle de s’agrandir ». « J’ai demandé que soit conduite une réflexion approfondie sur ce changement de philosophie de notre droit de l’urbanisme », a-t-il annoncé.
Il souhaite « construire davantage », annonçant comme objectif « 70.000 logements par an » dans la métropole parisienne, soit plus du double du rythme actuel » pour « résorber le déséquilibre entre l’offre et la demande ».
Le président Nicolas Sarkozy a aussi annoncé que l’Etat allait investir « 850 millions d’euros » pour le plateau de Saclay (Essonne et Yvelines) où le gouvernement compte créer un pôle scientifique, économique et technologique.
« Au Sud, le plateau de Saclay, où l’Etat va investir 850 millions d’euros au titre du plan Campus (ndlr: volet universitaire), a vocation à devenir l’un des plus importants centres scientifiques et technologiques du monde ».
Le chiffre cité à l’origine pour le financement par l’Etat du volet universitaire de l’aménagement du plateau de Saclay, était de l’ordre de 600 millions, alors que, selon Jean-Paul Huchon, il faudrait « entre 2 et 3 milliards ».
Inventer une « ville durable »
Le président de la République a assuré que l’ambition du Grand Paris était de donner l’exemple » de l’invention d’une « ville durable », redevenant lieu « de progrès, prospérité, de partage ». Dans son discours, il a déploré l’édification d’ »agglomérations gigantesques qui ne sont pas des villes non parce qu’elles sont trop grandes, mais parce qu’elles n’ont pas d’âme ».
« Comment faire pour que nos grandes métropoles redeviennent des lieux de progrès, de prospérité, de partage ? Comment inventer la ville durable, la ville de l’après Kyoto, la ville écologique », qui « s’allie avec la nature sans la combattre ? », a demandé le chef de l’Etat.
C’est à ses yeux « le plus grand défi peut-être de la politique du XXIe siècle (
) Ce défi, la France est décidée à le relever. La France est décidée à donner l’exemple. C’est cela l’ambition du Grand Paris. »
Pour aller plus loin
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