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L’essentiel – Faut-il développer la vidéosurveillance ?

H. Jouanneau | 27/05/2009 mis à jour le 28/01/2010 | Dossier : Faut-il développer la vidéosurveillance ?

La prolifération des caméras dans l'espace urbain n'émeut plus grand monde, à tel point que la vidéosurveillance semble être entrée dans les mœurs. Mais le débat sur son utilité n'a pas disparu, ni celui sur ses coûts.

La vidéosurveillance serait-elle entrée dans les mœurs ? Dans les rues, les gares, les magasins, les galeries commerciales et les parkings, les caméras prolifèrent. En 2007, plus de 1500 communes avaient fait le choix de s’équiper. Elles n’étaient que 800 en 2005. Hissé au rang de « priorité absolue » dans le plan national de prévention de la délinquance, présenté le 2 octobre dernier, le déploiement de la vidéosurveillance est largement porté par le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, qui veut tripler le nombre de caméras sur la voie publique.

Evolution significative, la vidéosurveillance semble désormais mieux acceptée par la société française. Selon un sondage Ipsos réalisé en 2008, 71% des Français se disaient « favorables » à la présence de caméras dans les lieux publics, contre 28% de « défavorables ». A la lecture de ces chiffres, les affrontements passionnels sur l’émergence d’un « big brother » liberticide semblent bien lointains.

Le débat, pourtant, n’a pas disparu, comme le rappelle la Grande-Bretagne, pays le plus vidéosurveillé au monde, où un rapport de la Chambre des Lords de février 2009 s’inquiète vivement de l’altération du « droit à la vie privée, pierre angulaire de la relation entre l’Etat et le citoyen ». Même préoccupation en France avec cette « alerte à la société de surveillance » lancée en 2007 par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil).
Le débat est d’autant plus vif que le volontarisme gouvernemental et le zèle de certaines municipalités contrastent singulièrement avec l’absence d’évaluation de la vidéosurveillance, dont l’efficacité est contestée.

Dans ce contexte, les élus locaux affichent un certain pragmatisme et veulent intégrer les caméras comme « un outil parmi d’autres » sans en y voir une panacée. D’autres, en revanche, revoient leurs ambitions à la baisse et misent sur une « vidéosurveillance raisonnée ». Tous cependant s’inquiètent du poids que le plan d’équipement ministériel risque de faire peser sur les budgets municipaux.

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